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28 avril 2007 6 28 /04 /avril /2007 09:00

Le massif de la Ste.BAUME

 

Pour cette dernière sortie d'Avril, Bruno GUERIN avait placé notre marche sous la protection de Marie-Madeleine, grande randonneuse elle aussi, puisque, venant de Palestine elle vint évangéliser la Provence. C'est donc 21 marcheuses et marcheurs qui se retrouvèrent à 9 h à L'Hostellerie de la Ste Baume pour une marche de 18 km et  600 m de dénivelée. Nous avons le plaisir de retrouver notre amie Eliane qui avait cessé de marcher avec nous depuis plusieurs années et chacun de lui souhaiter la bienvenue.

Bruno nous montre le haut de la falaise que nous allons parcourir d'ouest en est, la petite chapelle du Saint Pilon, point culminant, et les constructions du monastère, près de la grotte de Marie-Madeleine.

 

Il fait doux, le soleil est là, avec une peu de brume et nous prenons la direction ouest sur un chemin en légère pente, large et confortable, dans une forêt peuplée d'arbres superbes, pins, hêtres, ifs, noisetiers et chênes. Petit incident avec un mollet bien griffé par des ronces que la bombe miraculeuse de Jean va rapidement guérir.

 Cette forêt a été protégée depuis 2 millénaires par des papes, des rois et des administrateurs publics. Elle est considérée comme "forêt relique" en ce sens qu'elle remonterait à la fin de l'ère tertiaire. Les anciens, qu'ils soient ligures, celtes, grecs ou romains y voyaient un lieu habité par les déesses de la fécondité. C'est en profitant des  rassemblements pour vénérer la déesse Artémis que Marie-Madeleine a commencé à porter la parole du Christ.

 Première surprise botanique dans les sous-bois, de nombreux narcisses et des sceaux-de-salomon, variétés que nous ne sommes pas habitués à rencontrer en pays méditerranéen. Nous y verrons aussi l'orchis de Robert, plus commune sous nos climats. N'oublions pas cependant que nous sommes dans la région des "terres froides"dont Mazaugues et Signes sont le centre. D'autre part, la grande falaise abrupte qui protège la forêt des vents marins crée un micro-climat.

Nous en profitons de ce micro-climat et sur ce chemin  superbe  nous n'avons aucune difficulté pour  trouver un endroit propice à la pause de la matinée. Tiens , deux énormes terriers. Les "spécialistes" les attribuerons à des putois, moi, je ne sais pas, je n'y ai pas mis le nez...

Bruno réunit sa petite troupe autour d'un énorme chêne.

Nous atteignons le col de BERTAGNE à 860 m et découvrons un monument étrange érigé en 1997 pour le centenaire de la  Société des excursionnistes marseillais  avec la représentation d'un sac et de bâtons !!!

Là commence la première difficulté du parcours, une montée raide d'une centaine de mètres dans les rochers. Mais tout le monde grimpe très bien alors que s'étale derrière nous un paysage superbe, barré par la Montagne Ste Victoire, si chère aux Aixois. Jean va devenir lyrique en contemplant  un vieil arbre mort. Une photo méritait bien ses déclamations.

 Et nous nous retrouvons sur ce plateau qui va être notre domaine d'exercice jusqu'à ce soir. C'est le haut de la falaise que Bruno nous avait décrite ce matin. Le paysage a complètement changé. La couleur principale est ici le blanc du lapiaz, microformes karstiques où la roche calcaire, nue est burinée de profondes cannelures, de trous, de cavités tourmentées, séparées de crêtes aiguës, parfois coupantes. C'est l'eau et le gaz carbonique qui ont ainsi sculpté la pierre. Quelle culture...

                                                                                              

 

 

La végétation est bien de type méditerranéen avec en particulier des asphodèles qui commencent à fleurir, mais en ce qui

 concerne les autres plantes, elle se sont adaptées aux conditions locales et en particulier , au vent. Toutes les touffes sont atteintes de nanisme qu'il s'agissent du thym, du genêt de Corse, des scabieuses de Crète, ou d'autres petites fleurs bleus très jolies mais non identifiées à ce jour (peut-être une variété de sauge, il y en tant, on peut toujours s'y raccrocher...) Même un iris nain, d'un beau jaune, est encore plus nain que dans la plaine. Le vent, parlons-en, car à partir du moment où nous avons débouché sur le plateau, nous avons eu à subir ses rafales, une fois de plus. Il vient de l'est et c'est de ce côté que le ciel se couvre de plus en plus.

Tournant le dos au radom du pic de BERTAGNE, nous trouvons un coin un peu abrité en contrebas pour sortir nos repas du sac. Mais avant de procéder, il s'avère que c'est l'anniversaire de Marcel, notre doyen. Et le voici entouré de toutes ces dames pour la bise traditionnelle. Nouvelle dégustation de vin d'orange de Jacqueline, cuvée 2005, et de Françoise. Toujours aussi bon, mais le second, assez raide.

La fin du repas est animée par l'arrivée d'un marcheur accompagné de son mulet Charly. Il se rend en Avignon et cet équipage a un petit côté aventurier assez sympathique. Tout le monde va bien faire la fête à Charly qui aura droit à quelques friandises et caresses.

Puis chacun se sépare, Charlie et son maître vers l'ouest et Bruno et son équipe vers l'est !

 Toujours du vent et même de la fraîcheur. Au loin, le circuit du Castellet ronronne comme d'habitude lorsque nous venons dans ce secteur.

 On voit maintenant bien la mer. Il y a même encore un rayon de soleil sur La Ciotat mais plus sur Bandol, Sanary et Les Embiez.

 

 

 

 

 

C'est vraiment à partir de ce moment que nous ressentons dans nos chevilles et nos genoux les caractéristiques du lapiaz, dur, dur !!!

 Un ongle incarné demande une petite intervention alors que nous cheminons sur l'arête sommitale (On n'en avait pas encore parlé alors que depuis une heure nous surplombons, à notre gauche, le fameux Plan d'Aups, si bien nommé).

Malgré le vent nous parvenons à la chapelle du St Pilon, élevée à l'emplacement où  Marie-Madeleine venait prier plusieurs fois par jour. Nous sommes à la verticale de la Grotte mais les anges servaient, paraît-il, d'ascenseur. Dans un premier temps une colonne fut construite sur cet emplacement et en 1610, la chapelle, que l'on peut voir actuellement, la remplaça.

Aujourd'hui c'est dans son en-feu que nous nous entassons, à l'abri du vent, pour écouter Bruno évoquer Marie-Madeleine.

 

 La vue alentour est superbe, un peu gâchée par la brume. La table d'orientation a beaucoup souffert du vandalisme comme c'est souvent le cas, hélas.

Encore 500m , nous abordons la descente et retrouvons la grandiose forêt. OUF ! plus de vent. Bruno nous laisse libre de descendre à notre gré et fixe un rendez-vous à l'oratoire. Mais emportés par son élan, la moitié du groupe passera devant l'oratoire, sans le voir et s'arrêtera à la chapelle des Parisiens ( dixit Bruno), croyant être à l'oratoire !!! Bruno n'est pas content... Pauvre chapelle, son toit aurait bien besoin d'une révision, son fronton porte la date de 1630.

Puis il nous faudra remonter vers la Grotte.

C'est un lieu du culte très fréquenté. On y découvre de très belles statues, celle de Marie-Madeleine, bien sûr, mais aussi de la Vierge, de St Michel .  Une statue un peu plus païenne, cachée derrière l'autel,  souvent vénérée comme celle de Marie-Madeleine, mérite qu'on s'intéresse à elle.. Aujourd'hui, cinq cierges brûlent devant elle, et pourtant...Elle provient de la Chartreuse de Montrieux où elle entourait, avec trois consoeurs, le tombeau du comte Omer de Valbelle, au titre de pleureuse  . Renversées à la Révolution, elle furent abandonnées jusqu'en 1822 quant un préfet du Var décida de les offrir à certaines municipalités, sauf la dernière, l'Espèrance,  attribuée au sanctuaire de la Sainte BAUME. Or, il est à peu près sûr que ces quatre statues représentaient les maîtresses de Omer de Valbelle...

Les vitraux, modernes, sont l'oeuvre de  Pierre Petit, dit Tourengeau-Disciple-de-la-Lumière, qui les réalisa de 1976 à 1981.

Le soleil est revenu lorsque nous ressortons de la Grotte et que nous terminons la descente pour rejoindre l'Hostellerie. Bruno va tenter de photographier, dans une position bizarre, ces hêtres superbes : réussi, non ? 

Nous terminerons par notre pot traditionnel à la buvette. Puis Bruno nous fera admirer le portail destiné à la grotte, offert par François 1er et sculpté par l'aixois Jean Garamand au 16 ème siècle , restauré en 1995, et qui décore maintenant le hall de l'Hostellerie.

Merci Bruno pour cette belle rando qui nous a fait découvrir des paysages très différents de ceux que nous voyons d'habitude.

Merci aux photographes, Bruno GUERIN, Yvette et Jean

Prochaine sortie le jeudi 3 mai à Sillans-la-Cascade avec Jean BOREL

Quelques photos en vrac :                       La pause de 10 heures

                             Centenaire des excursionnistes marseillaisCharly, le muletL'arête sommitale et la jolie brochette de grimpeurs

Impressionnants les batiments du Monastère !

                                                                                                            Marie-Madeleine dans la crypte.

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Published by Jean-Marie jean-Marie - dans randosboulouris
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