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23 juin 2007 6 23 /06 /juin /2007 17:05
Les Lacs de PRALS
 
Avant de clore la saison, nos sympathiques guides-accompagnateurs nous avaient préparés deux jours de randonnée dans le Mercantour au-départ de St Martin-Vésubie
En 1200,  ce village s'appelait Sanctus Martinus, puis en 1388 son nom devint San Martin de Lantusca et en 1889 Saint Martin Vésubie. Classée station climatique, Saint Martin Vésubie, se trouve à une altitude idéale pour un changement d'air en famille. "La petite Suisse Niçoise" est un concentré d'air pur et d'eau fraîche qui se transforment en énergie. Ce sont aussi les abeilles et le miel, les fleurs de nos montagnes, les troupeaux, les vacheries du Boréon et de la Madone de Fenestre, où l'on peut savourer la tome de chez nous. Ce sont encore les Fêtes commémorant les traditions ancestrales : Fête du Pain, Fête du Bois, Fête du Cheval... C'est l'accueil direct et chaleureux des montagnards du Sud qui vous convient à goûter tous les charmes du Haut Pays.
Comme la majorité des participants ne souhaitaient pas coucher au refuge de la Madone de Fenestre, nous avions retenu l'option hôtel et les 34 participants se répartissaient dans 4 établissements différents.
Pour aller aux lacs de Prals, c'est Jean BOREL qui "menait", le premier jour, pour 530 m de dénivelée et 9 km avec 32 marcheuses et marcheurs : un record ! Pourtant aujourd'hui il n'y a pas de restaurant (!) sur le parcours. Des conjoint(e)s de marcheur(euse)s nous accompagnent plus quelques revenants. Il faut dire que le programme de ces deux jours est alléchant.
 Les 11 km qui séparent le village du Sanctuaire de la Madone se font sur une petite route très agréable, bordée de grands mélèzes, d'épicéas et de sapins. Elle suit le lit de la Vésubie qui va prendre sa source un peu plus haut du côté du Lac de Fenestre, bien que le sujet fasse polémique. Les cytises sont en fleurs et d'un jaune particulièrement éclatant par ce soleil matinal. Et oui, il fait très beau et le ciel est d'un bleu "montagnard" !!! Les voitures vont se garer dans divers parking sous la Madone.
 L'origine du Sanctuaire de la Madone de Fenestre,  pourrait être un temple romain. Reconstruit par les Bénédictins en 887 sous le nom de Notre-Dame de Grâces, il fut détruit au X ème siècle par les Sarrasins. Selon la légende la Vierge apparut alors. Les Templiers le reconstruisirent au XIII ème siècle en même temps qu'ils édifièrent un hôpital. Après la disparition des Templiers, il dépendit de la Cathédrale de Nice (1307). Dés 1388 il devint refuge des voyageurs car le col était le meilleur passage entre Nice et le Piémont. En 1456, l'hospice de Fenestre fut détruit par un incendie. Sous la révolution (1792) le sanctuaire fut pillé et à nouveau incendié (1793). Les Saint Martinois le reconstruisirent mais comme à cette époque le culte était interdit la statue de N-D de Fenestre fut cachée. Le sanctuaire devient français en 1947 avec le traité de Paris.
 
  Situé à 1 904 m d'altitude, entouré de montagnes et dominé par le Mt. Gélas (3 143 m), plus haut sommet des Alpes-Maritimes, Fenestre doit son nom, d'après la légende, à une trouée dans le "Caïre de la Madone", rocher derrière le sanctuaire situé entre les sommets du Ponset à droite et du Mont Colomb à gauche.
Le Maître Autel est dédié à Notre-Dame de Fenestre, vénérée par toutes les populations des environs et du Piémont lors des processions du 15 août et du 8 septembre.
De nos jours, la statue en cèdre du Liban polychrome (du XIVème siècle) passe l'hiver à St Martin Vésubie (descente en procession au mois de septembre) et regagne le sanctuaire au début de l'été (montée en procession au mois juin).
 La Madone serait apparue à plusieurs reprises dans la trouée dite du "Caïre de la Madone".
 L'édifice actuel est une reconstruction du XIXème siècle, rendue nécessaire à la suite d'un grand incendie. Le bâtiment représente le type même des sanctuaires alpins, dont on peut retrouver d'autres exemples, du plus méridional avec la Madone d'Utelle, et plus au nord par celui de Sainte-Anne de Vinadio...
Les bâtiments comportent une partie moderne occupée par un refuge de montagne très bien équipé.
 
Premier petit topo de Jean qui nous rappelle que nous sommes dans un Parc National avec des règles très strictes( pas de feu, pas de cueillette, interdiction de fumer, pas d'arme ni animaux de compagnie,... ). Voilà, nous sommes partis et très rapidement nous rencontrons notre première marmotte près d'un groupe de rochers, pas plus inquiète que cela. Nous montons calmement le long d'un petit torrent dans un paysage verdoyant et bien fleuri. Première pause casse-croûte. Une partie du groupe est parti ce matin de St Raphaël et pour eux le petit déjeuner est lointain. Pour les 9 qui ont couché à St.Martin Vésubie, ça va bien, merci!   Second topo de Jean qui va nous décrire la flore, la faune locale et évoquer le Gypaète barbu- qui semble l'intéresser autant que le Mont Mousnier- qui vient de faire l'objet d'une réintroduction avec la participation du prince Albert II de Monaco, à Vignols, où nous passerons la semaine prochaine.
Nous sortons de la forêt, où les premiers rhododendrons sauvages s'étalent en roses buissons, mêlés à des gentianes jaunes qu'il faudra revenir voir en fleurs dans un mois, pour une zone de prairie parsemée d' anthyllis des montagnes. Un groupe de marcheurs nous dépasse, l'un deux, selon Jean, ressemble à un gypaète barbu ( sic). A part la barbe, vous jugerez ! 
 
 
Parmi la faune locale, Jean a oublié de nous parler des mouches... et pourtant ! Certaines couleurs les attirent et les casquettes de Marie et de Jean-Marie en sont couvertes. Ce dernier avouera en avoir avaler 3... en redescendant du pas du Néglier, mais n'anticipons pas.
Nous sommes rentrés dans le vallon de Prals qui va nous conduire en bas du plan du même nom. Jolie chute arrière de Camille qui adore marcher à reculons mais qui n'avait pas vu un rocher, pas de bobos, l'herbe a bien amorti le choc. La pente s'accentue, nous quittons la prairie et les petits ruisseaux qui cascadent pour une zone plus rocheuse qui va nous conduire au premier lac. Cris de marmottes et grandes gentianes bleues : on est vraiment dans les Alpes ! Un superbe champignon s'est développé sur une bouse de vache.
 Que c'est beau !!! Nous abordons les cinq lacs par le plus occidental et aussi un des plus petits. Petite pause pour respirer avant de nous diriger vers le plus grand d'entre eux, à l'est.
Jean avait retenu ce lac car il pouvait servir de lieu de pique-nique et surtout de départ pour une option ascensionnelle à la cime de Paranova à 2556 m. Tandis que le groupe s'installe sur la rive ouest du lac un groupe de 15 marcheurs, dont 4 dames, attaquent la montée. Aucun des rédacteurs n'ayant atteint le sommet, c'est Jean BOREL qui reprend la... "plume".
"Un peu oubliée des randonneurs en raison de la proximité encombrante du Mt.Néglier, elle réserve pourtant de très belles vues avec des angles originaux sur les sommets de la Haute Gordolasque et les lacs de Prals. A 11 h 30, un groupe de 15 s'engage plein est vers le pas du Néglier à 2442 m. La montée finale est assez raide, mal signalée, mais ensuite, à partir du Pas, les difficultés sérieuses commencent. Il faut obliquer plein sud pour accéder au sommet en suivant l'arête, avec des passages en escalade assez vertigineux, pour gravir les 116 m restants. 7 grimpeurs décident de redescendre alors que 8 téméraires, dont Françoise, continueront jusqu'à la plate-forme sommitale, atteinte à 12 h 30. Marcel qui avait trouvé une voie plus facile était déjà arrivé à la balise. Le point de vue est vraiment extraordinaire avec les lacs à l'ouest, où se prélassent nos amis et à l'est le vallon verdoyant de la Gordolasque dominé par la cime du Diable ( 2685m) et le grand Capelet (2935 m)et au nord le Mt. Neglier(2786 m) et le Mt. Ponset(2828m)
Le retour se fera sans problème par un autre itinéraire, toujours aussi mal signalé, direction sud-ouest vers la baïsse de Prals, puis descente plein nord, au milieu des éboulis, qui nous ramène à 13 h 15 sur les berges du lac."
Un à un les 8 courageux se verront décernés, par Yvette, une médaille...en saucisson qu'ils accepteront tous joyeusement.
Dès le retour du premier groupe, les victuailles étaient déja sorties des sacs et le repas avait commencé sans attendre les "alpinistes".
Bruno, gigotant sous les attaques des mouches, va nous faire un topo sur la vie "passionnante" des marmottes et nous allons découvrir, avec étonnement, que leur température interne est de 45 °. A un moment nous nous sommes demandés s'il n'était pas devenu anglais et nous parlait de ° Fahrenheit !
Puis c'est l'heure de quitter le lac pour atteindre la baïsse des 5 lacs. Au revoir les vaches, il y aura peut-être moins de mouches sur l'autre versant ?
Photo du groupe au col où nous allons découvrir nos premiers quadrupèdes, en l'occurrence quatre chamois, pas très inquiets.
Au nord la vue vers le col de Fenestre est royale. Ce sera notre objectif demain. C'est un univers entièrement minéral et il faut que nous profitions bien des rhododendrons car il semble bien que demain, nous n'ayons pas beaucoup de végétation à nous mettre dans l'oeil. Et nous allons en profiter pendant toute la descente, en pente douce d'abord, puis en lacets. "Sixième" lac, vraiment minuscule et presque à sec. Mais avant de descendre Jean va nous faire découvrir le Mt Gelas et l'histoire de sa première ascension.
"Le Mt. Gelas est un sommet bicéphale qui, avec ses 3143 m est le point culminant des Alpes Maritimes. Nous nous en approcherons demain lorsque nous serons au col de Fenestre. Il a été gravi le 17 juillet 1864, pour la première fois par une cordée venant d'Italie organisée par le comte Paolo di Saint Robert. Passant par le col de Fenestre, ils l'attaquèrent par la face méridionale, en le contournant par l'est. Cette voie deviendra le chemin d'accès normal pour les randonneurs alpins."
Sur notre droite, une jolie cascade alimente le petit torrent qui se jette dans la Vésubie et irrigue une prairie où le groupe va faire une pose. Il reste à descendre le vallon du Ponset par un chemin assez raide qui aboutit dans une grande prairie encombrée de souches énormes aux formes tourmentées. Depuis la baïsse jusqu'au petit pont, quelques chutes, sans gravité ont été enregistrées mais la fatigue et la chaleur commencent à se faire sentir. Encore un petit effort, les voitures sont juste à côté. Selon leur stationnement, certains passeront devant la vacherie alors que les autres traverseront le torrent juste avant. Passé le pont, la prairie est couverte d'un mélange de renoncules jaunes et de gentianes. Les clarines d'un troupeau broutant près du refuge nous accueillent lorsque nous retrouvons la route.
Un petit bravo bien mérité pour les non-habitués, conjoints et conjointes qui se sont très bien comporté(e)s.
Retour vers nos hôtels respectifs mais aujourd'hui le pot de l'amitié sera un peu perturbé, certains préférant prendre une douche avant, d'autres, plus assoiffés se précipitant sous les parasols. N'oublions pas nos joueurs de cartes qui s'installeront confortablement...sur une table.
A 19 h30, nous nous retrouverons à 34 mais pas question de faire une grande table. Dommage mais nous avons pu quand même dîner en bonne convivialité. Pour la prochaine fois il faudra peut-être envisager de retourner à la Châtaigneraie.
 
Merci Jean pour cette superbe balade. En plus, tu avais commandé du beau temps, ce qui n'est pas toujours évident en montagne, et tu as été bien servi alors que depuis le début de la saison tu avais déjà du annuler trois sorties pour cause d'intempéries.
 
Prochaine sortie- la dernière de la saison- avec Jean BOREL, le jeudi 28 à Vignols-Roubion.(Aux dernières nouvelles, déjeuner pris en commun au refuge de Longon-20€) 
 
Merci aux nombreux photographes : Jean BELLACHES, Gérard CHARPY, Bruno GUERIN, André TUPIN, Daniel MANGIN, Yvette et Jean-Marie CHABANNE 
 
Quelques photos en vrac :
La montagne, douce ou sauvage...
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Montée dans les névés.
Pas du Néglier.
 
 
Vers la vallée de la Gordolasque.
Qu'ils sont petits tout la haut, nos "alpinistes".
Ah ! la nature  et les petites fleurs.
 
 
 
 
Le sixième lac

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Published by Jean-Marie Jean-Marie - dans randosboulouris
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commentaires

Gérard 24/06/2007 19:07

Il semblerait que la marmotte de Bruno ait eu une fièvre de cheval. Car selon d'autres experts, la température interne de la marmotte est de 37°5 en été. Elle descend à 12 ° en début d'hibernation et peut atteindre 5 ° en hiver.
Gérard