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30 juin 2007 6 30 /06 /juin /2007 22:27
ROUBION et le refuge de LONGON
 
 C'est la dernière rando  de la saison, il faut en profiter et pourtant elle a failli mal commencer à cause de l'humeur d'un de nos "compagnons". Mais ceci est une autre histoire...
Nous voici revenu dans le Mercantour, que nous avions quitté jeudi dernier, décidément on s'y trouve bien ! Il faut bien dire que le mois de juin est, pour nous, le meilleur moment pour visiter ce magnifique Parc Régional. Aujourd'hui encore nous allons manquer de superlatifs. Jean BOREL nous avait proposé une petite balade de 12.5 km et 455 m de dénivelée (visite de la chapelle Saint Sébastien comprise) sur la commune de Roubion. Et comme la météo semblait favorable, pour finir en beauté, il avait organisé, ex abrupto, un déjeuner au refuge. Chapeau !!!
 
 
D'abord, un petit mot sur Roubion avant de vous relater nos aventures.
Roubion fondée en 800 ans avant Jésus-Christ par les Ectinis, peuple Celto-Ligures,  est aujourd'hui un village médiéval dont le nom provient de Robione, falaise en provençal. Elle fut envahie par les Lombards puis par le Sarrasins au début du 13 ° siècle. A partir du 14 ° siècle le village fortifié( dont il reste quelques ruines de tourelles) relève de la seigneurie des Grimaldi de Beuil qui en fait un bastion. Le village se forme autour du château. Après avoir été détruit lors de guerre de la succession d'Espagne en 1691, ROUBION fait appel aux habitants des entourages, et notamment du Piémont pour repeupler ses terres. Les Roubionnais choisissent de devenir définitivement français en 1860.
Oui mais voilà, la commune est très étendue et nous devons partir d'un petit hameau à 7 kms sur une piste forestière.
 Et, en ce 28 juin, nos aventures vont commencer...en voiture. C'est donc 20 randonneurs(euses), répartis en cinq véhicules, qui se retrouvent à l'entrée de la piste. Jean nous avait recommandé de rouler en convoi, au cas où nous aurions à croiser une autre voiture, nous donnant ainsi une certaine priorité. Il avait rajouté que la piste était difficile, voir dangereuse. Quelques dames du côté du vide ne verront pas grand chose du paysage... 
Nous nous engageons donc, dans un nuage de poussière, sur ce chemin en légère montée : 400 m de dénivelée. Etant pas mal secoués et n'ayant fait aucun arrêt depuis Boulouris, Jean va nous organiser un arrêt pour " aller à la jarre". Le paysage est superbe, au nord-est, les grandes falaises du Pervoux et du Mont LONGON, à 2000m, au sud les vallées de la Vionène et de la Tinée surmontée par le fort de Rimplas.
Le chemin serpente dans une magnifique forêt d'épicéa et de mélèzes. Les bas-côtés humides sont garnis d'orchidées certainement de la famille des Dactylorhiza (il y a 63 espèces répertoriées dans le Mercantour !!!).
Pas de virages difficiles à négocier mais vu l'état du terrain la vitesse est de l'ordre de 15 km/h. Et nous continuons de cheminer lentement jusqu'à ce que la forêt s'éclaircisse et que nous découvrions le hameau de Vignols. Beaucoup de ruines mais quelques maisons retapées, pour les week-ends et les vacances. Les Monégasques en sont friands parait-il !
Au-dessus du village, les premières grottes apparaissent (appelées Baumes en provençal)
Ouf ! Nous sommes arrivés. Les voitures sont blanches de poussière.
Il est 9 h 45 et nous nous équipons pour partir, à pied ce coup-ci. Il fait très beau.
Jean nous rappelle les consignes relatives au Parc Régional du Mercantour. Après une petite pause dans le village pour reprendre des forces nous attaquons la montée vers les Portes de LONGON. Au passage, premiers cris de marmotte et découverte des grottes où tous les ans sont déposés et observés des bébés gypaètes barbus. Nous en reparlerons plus tard avec les commentaires de la jeune et jolie stagiaire du Parc Régional. Au nord, se dressent des rochers ruiniformes qui évoquent des tours sarrazines.
La prairie est fleurie, désespoir des peintres et des botanistes : il y en a tant et de toutes les teintes mais, comme le fera remarquer Jacqueline, aucune faute de goût dans les mélanges des couleurs.
En abordant le GR5, Jean nous promet des edelweiss repérés au cours de ses précédents passages...en espérant qu'elles auront été respectées.
Sur un éperon rocheux il rassemble le groupe et que croyez-vous qu'il nous montre : le Mont Mounier ! Nous n'avons jamais été aussi près (environ 3 h30 de marche) de cette montagne mythique, pour lui bien sûr, mais elle commence aussi à ensorceler certains marcheurs depuis qu'il parle d'y aller faire un tour. C'est vrai qu'il est superbe, désertique mais superbe! Nous allons pouvoir l'observer jusqu'au refuge.
Et voici la première edelweiss (Leontopodium alpinum -Elle est aussi appelée Etoile d'argent, Etoile de glaciers, Cotonnière étoilée, Reine des glaciers, Immortelle des neiges. Elle est le symbole de la haute montagne et dans le langage des fleurs, elle représente la force.) , elle est bien là où nous l'attendions. Rendez-vous réussi mais elle est un peu passée.
Encore un peu de dénivelée à parcourir et les edelweiss sont de plus en plus nombreuses. Elles sont souvent accompagnées d'asters des montagnes comme sur la photo d'André. Une partie du groupe, celle des plus rapides, passera devant un vrai champ sans les voir...
La montée est terminée et nous débouchons dans le vallon. Que c'est vert cette pelouse alpine !
Jusque là nous étions protégés du vent par le plateau, mais lorsque nous débouchons dans le vallon, quelques pulls ressortent des sacs.
Au nord, la Serriere de Longon, dénudée, limite le paysage alors qu'au sud, les contreforts du Mont LONGON sont plantés d'une forêt de conifères bien entretenus.
Les marmottes s'agitent des deux côtés du chemin mais ne semblent pas affolées : aucun cri d'alarme. Un énorme troupeau de moutons et de chèvres barre le chemin. Au moins cinq "patous" nous surveillent et voyant que nous contournons le troupeau ( nous avons bien retenu la leçon du berger d'Ilonse), ils viennent s'intercaler entre le bétail et nous.
Des chemins comme celui sur lequel nous cheminons est le rêve de tout randonneur : un peu d'herbe, pas de pierres et une légère descente.
Au loin nous apercevons le refuge que nous atteignons à midi pile comme Jean nous l' avait programmé. Une petite descente jusqu'à la cascade nous permet de surplomber le GR5 qui continue vers Roure : la pente a l'air sévère !Certains mélèzes dans ce vallons sont jaunes brun car attaqués par leur ennemi, la tordeuse du mélèze. C'est un papillon dont les chenilles mangent les feuilles tous les 9 ans (durée du cycle de l'insecte). Le mélèze jaunit mais il réagit en faisant repousser ses aguilles lorsque la tordeuse a disparu.
Retour au refuge où à l'occasion de l'apéritif," Melle Gypaète", stagiaire du Parc Régional, nous explique que deux petits oisillons ont été placés dans la grotte que nous avons vue lors de la montée. Ils ont aujourd'hui 120 jours environ. Le mâle s'appelle ROCCA et la femelle FONTVIEILLE. Ils sont certainement frère et soeur. ROCCA s'est développé très vite et s'est lancé très tôt en vol libre mais il a été attaqué par un renard qui lui a détérioré une aile, rien de grave semble t'il. FONTVIELLE ne vole pas encore, elle s'approche au bord du nid mais elle n'a pas encore franchi le pas. Elle est très vorace et très grosse.
Elle nous rappelle que ces oiseaux atteignent une envergure de 3 m à 3,50 m et se nourrissent exclusivement d'os. Les petits sont actuellement nourris comme cela mais les os  sont préalablement broyés. Ce sont des grands voyageurs, on en a retrouvé en Hollande !
Les petits sont bagués et équipés d'un émetteur.
Pour en savoir plus sur la réintroduction de cet oiseau, rendez-vous sur le site :
 
Après que nous ayons remercié notre conférencière, c'est Catherine qui nous invite à passer à table. C'est elle qui s'occupe de ce refuge. Elle nous a préparé un repas avec salade composée, cuisses de lapin (ne pas confondre avec la cuisse de marmotte... Oh!), pommes de terre, fromage et tiramisu avec vins rosé et rouge et.. café. Pas mal à près de 2000m d'altitude sans chemin carrossable.
Nous avons bien fait de manger à l'intérieur car le vent est de plus en plus froid. , n'est-ce pas Geneviève !
Nous repartons par le même chemin, avec en point de mire le sommet supérieur du Mounier. Les moutons se sont un peu déplacés et nous pouvons rester sur le chemin.
Dans la descente du GR5, Camille va prendre un raccourci dans les éboulis alors que qu'il a toujours le bras en écharpe. Bruno, pas content à juste titre, va lui "savonner les oreilles". Il en rajoute encore un peu, ayant découvert une marmotte cachée (ou coincée) sous deux rochers. Comme il l'agace passablement, Bruno intervient à nouveau. Tout ceci aura permis à Geneviève de faire une très jolie photo.
Les grandes  gentianes   sont prêtes à fleurir, encore une semaine et le jaune va dominer dans la pelouse...   
Retour à nos voitures "tout terrain" pour le retour à Roubion. Il n'y a qu'un accès, c'est le même que ce matin, toujours en convoi sur 7 km.
Le pot sera pris à l'auberge du Moulin. Jean et Bruno, en conclusion, évoqueront...leurs projets pour la prochaine saison.
Une scierie a été installée en 1930 près du moulin, dont les bâtiments abritent aujourd'hui l'auberge, et utilisait la même source d'énergie. Elle servait aussi pour le bois de chauffage et en particulier pour le fournier qui cuisait le pain. Le village était partagé en deux quartiers qui avaient accès au four tous les 15 jours. Les habitants préparaient leur pâte et le fournier passait dans les maisons pour récupérer les miches à cuire.
 Visite de l'église de pur style baroque niçois, il faut aimer !
Encore 500 m à parcourir, en traversant tout le village avec ses belles fontaines( en particulier celle des moutons datant du 17° siècle) et ses passages voûtés, pour atteindre la chapelle Saint Sébastien qui fut construite en 1513 et mesure 6 m de long et 4 m de large. Autant son aspect extérieur est modeste avec sa toiture en bardeaux de mélèzes, autant l'intérieur est extraordinaire avec ses fresques charmantes et expressives. L'auteur est inconnu. Protégées depuis le 18 ° siècle par un badigeon, elles sont très bien conservées : Ah ! L'air des montagnes.
La voûte est en plein cintre, entièrement peinte, ainsi que le registre et le haut des murs,    de scènes rappelant le martyr de saint Sébastien . Le bas du   mur de gauche évoque les vices qui conduisent en enfer et la partie inférieure du mur de droite, les vertus qui conduisent au paradis...choisissez !
.
Merci à Jean pour cette belle journée, bouquet final de tous ces jeudis passés ensemble à parcourir nos trois départements favoris.
Voilà, c'est fini pour cette saison. Il nous reste à remercier nos sympathiques et dévoués guides-accompagnateurs, Bruno GUERIN et Jean BOREL qui nous ont fait découvrir de très beaux paysages- en nous faisant parfois souffir un peu- ainsi que notre serre-file Camille CLOUTOUR pour sa gentillesse envers les marcheuses fatiguées dont il a quelquefois porté le sac.
 
Merci aux photographes Geneviève CHAUMAZ, Gérard CHARPY, André TUPIN, Yvette et Jean-Marie CHABANNE pour cette rando et à tous les autres qui nous ont alimentés en images tout au long de la saison.
Les trois rédacteurs du blog vous souhaitent
 
UN BEL ETE ET DE BONNES VACANCES
 
et vous donnent rendez-vous en septembre.
 
 
Quelques images en vrac: La grotte des gypaètes
 

La cascade vers Roure et la vallée d'accès à Signols.

Le refuge de Catherine. 

Oeillets de montagne et euphorbe

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Joubardes et campanules des Alpes

                                      

Les gentianes jaunes sont prêtes à fleurir, encore une semaine et... celle-ci sera éclatante.

Tous très sérieux et attentifs dans la chapelle Saint Sébastien

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Published by Jean-Marie Jean-Marie - dans randosboulouris
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