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28 septembre 2007 5 28 /09 /septembre /2007 17:22

BEUIL- Le Col de l'Espaul

Nous aurions dû nous méfier, Jean avait sorti son grand chapeau noir. Pourtant, à 9 h. lorsque les cinq voitures se retrouvent sur le parking de la Grande Clue du Cians ( où es-tu notre parking de Boulouris ?) il fait très beau avec un petit 5 °, pas très agréable dans l'ombre de la clue. La première partie de la route a été illuminée par les arbustes jaunes et rouges qui annoncent l'automne, puis nous avons abordé les gorges avec la pelite rouge brun si caractéristique. C'est superbe mais un peu inquiétant aussi vu le nombre de pierres sur la route, conséquence des pluies de la veille. 7 tunnels permettent d'éviter des virages difficiles et l'ancienne route, au niveau de ces tunnels a été maintenue permettant aux piétons de jolies balades. C'est sur une ces "délaissées" que Jean va nous faire notre premier topo de la journée en nous indiquant que le Cians prend sa source au pied du mont MOUNIER( tiens comme par hasard !) et qu'il parcourt 25 kilomètres dans des gorges profondes, paradis des pêcheurs de truites, avant de se jeter dans le Var.

Encore quatre kilomètres en voiture jusqu'au village de Beuil  Nous nous garons devant le café où nous prendrons notre pot ce soir avant de visiter le village.

                                        Ah ! si nous avions su !

 BEUIL est une petite station de moyenne montagne qui, associée à Valberg, est équipée de 26 remontées mécaniques desservant 58 pistes de ski alpin. L'histoire du village est très mouvementée avec un moyen âge marqué par un vilain Guillaume ROSTANG chassé par les habitants puis par les GRIMALDI qui complotèrent un peu trop.

Ayant retrouvé le soleil au sortir des gorges, le moral est au beau lorsque les 17 marcheuses et marcheurs, attaquent la première côte. Le dénivelé de 400m ne trouble personne et très rapidement nous trouvons d'agréables chemins sans pierres avec des pentes modérées. Une première pause permet une petite restauration avec quelques explications de notre guide sur notre programme qui nous conduira au lac de Beuil puis à la chévrerie du SCROUIS, avant la visite du village.

  Le chemin est très  agréable dans un forêt de mélèzes avec de temps en temps de jolis abreuvoirs alimentés par des sources.

 

 

On se croirait en fin d'hiver, les grandes herbes    sèches et couchées, sont encore recouvertes par endroit de plaques de neige (de la veille). Le MOUNIER est là, tout près, bien enneigé et Jean va nous décrire dans le détail le chemin d'accès. Je crois qu'on y coupera pas au printemps prochain...

 Nous atteignons le Col de l'ESPAUL avec au nord-ouest le Mounier et au sud-est, la station de Valberg . La température a bien baissé et le vent nous incite à ressortir des vêtements plus chauds.

  Encore une photo avec un peu de soleil, ce sera la dernière de la journée.

 Il reste un kilomètre pour atteindre le lac de Beuil. C'est là que Jean avait prévu notre pique-nique et pour les plus courageux l'ascension de la tête du Garnier. Mais les conditions météo qui semblent se dégrader l'ont conduit à changer ses plans et à  redescendre manger avant d'atteindre la chevrerie. Dans une grande cuvette,  le lac est très bas et  la surface à peine visible sous les feuilles.

 Pour la petite histoire, le baron Bischoffsheim, à la fin du 19 ème siècle, avait projeté de l'utiliser pour alimenter en eau le village par une galerie souterraine. Mais la galerie s'écroula lors de sa construction, vidant partiellement le lac qui se trouvait à un niveau beaucoup plus haut à cette époque.

 Il n'a jamais remonté.

Nous repartons vers le col. Le mont MOUNIER a disparu dans d'épais nuages. Un petit chalet avec table et bancs attire visiblement certains en vue du repas. Il est 11 h 45 et la perspective d'un pique-nique sous la pluie n'est pas réjouissante, pourtant nous reprenons la route vers la chèvrerie, environ 5 km de descente. Le chemin est  toujours aussi agréable, en sous-bois et sans cailloux. Lorsque nous abordons le virage avant le hameau de Lapierre, "tiens, des gouttes !" Non ce sont des flocons de neige gelée qui commencent à tomber drus. Alors que tout le monde s'équipe pour affronter le mauvais temps, Jean découvre dans le hameau une maison abandonnée équipée d'une petite terrasse couverte : veinards. Nous allons être un peu serrés et cela évoque pour certains une caravane abandonnée, dans le Tanneron,  qui avait joué le même rôle. Il était temps, la neige tombe maintenant avec violence et le toit de la terrasse ( à revoir cher propriétaire !) laisse passer quelques grelons.

Installés tant bien que mal nous allons prendre notre repas en attendant la fin de cet épisode neigeux. Le rosé et le bordeaux vont nous réchauffer et l'ambiance est excellente.

 Mais le repas se termine et la neige tombe toujours. Il reste environ ¾ heure de marche pour rejoindre les chèvres et après avoir repris l'équipement "gros temps" nous repartons sur le sentier rendu glissant. Petit à petit la neige se transforme en pluie qui s'épuise à son tour et nous gagnons la chèvrerie sans cependant avoir retrouvé le soleil.

 

Là c'est Maryse MOLINIER qui nous accueille pour nous présenter son exploitation et sa fromagerie qui répond aux normes européennes. Sa philosophie est intéressante : "Que la fromagerie soit à l'ère européenne ou entre quatre planches, ça ne change pas le goût...mais permet de le maintenir en permanence, sans aléas."

Mais tout d'abord un petit tour chez les chèvres et le bouc.

           Et là, on en apprend de belles sur ce dernier. D'abord, il n'aime pas trop les demoiselles, les jugeant peut-être inexpérimentées... Ensuite il a ses préférées et là il faut faire attention car toutes ces dames doivent être honorées. De plus avec lui plus besoin d'échographie, onéreuse, pour déterminer si la saillie a réussi ou non. : il sait !

Maryse est très sensibilisée à l'hygiène de ses bêtes car c'est la base de la qualité bactériologique du lait. Actuellement une chèvre est en quarantaine en attendant l'équarrisseur car elle a des problèmes respiratoires et outre les frais vétérinaires, la définition de sa qualité ne lui autorise pas de traitements aux antibiotiques. Elle tient compagnie au second bouc qui s'est cassé la patte et qui ne s'en remettra certainement pas. Alain POLESEL, le berger, expliquera que ses chèvres sont très suivies au niveau de   l'alimentation, elles broutent dans  la montagne à la belle saison et en hiver elles consomment  exclusivement du foin salé de la Crau.

Gros succès de Maryse dans son minuscule local de vente où elle va nous expliquer sa façon de travailler. Tout le monde n'a pas pu entrer et dehors, il a recommencé à pleuvoir...alors on s'impatiente, mais la vente au détail qui a beaucoup de succès, en particulier au niveau de la brousse que certains vont découvrir, n'est pas très rapide .

 Enfin nous reprenons la route, sous la pluie, pour parcourir les 500 mètres qui nous séparent du parking où nous retrouvons nos voitures. Certains, prévoyants, vont se changer avant d'aller prendre une boisson...chaude, pour la plupart.

  Merci Jean pour cette rando qui aurait dû être très cool mais que le mauvais temps de l'après-midi a perturbé : c'est la rando vraiment maudite que tu avais annulée en Juin dernier, déjà pour mauvais temps . Pitié, ne l'inscrit plus à ton programme.

Merci aux photographes : André TUPIN, Bruno GUERIN, Yvette et Jean-Marie CHABANNE

Quelques photos en vrac :     

Le groupe au lac de BEUIL

 Il y a des randonneurs qui photographient même dans le mauvais temps !   Devinez qui chemine seul sous la neige.... votre rédacteur Pas rigolotes les histoires de berger ! Ils sont fous ces marcheurs, par un temps pareil !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Published by Jean-Marie Jean-Marie - dans randosboulouris
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