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19 octobre 2007 5 19 /10 /octobre /2007 16:54

 

  AUPS- La Montagne des Espiguières

Pas de doute, nous sommes bien dans le Haut-Var : immenses forêts, absence d'eau et accompagnement au canon du camp militaire de Canjuers. Nostalgie des Alpes Maritimes ?

Bruno GUERIN a donc rassemblé à Aups, capitale régionale de l'olive et de la truffe, un petit groupe de 15 marcheurs où la parité ne sera pas respectée... seulement cinq dames (les meilleures prétendent-elles !). Bruno nous avait annoncé 19,350 km avec une dénivelée de 890 m ce qui avait peut-être effrayé certain(e)s de nos ami(e)s.

Nos voitures sont garées près de la porte d'Aires où on peut voir le mieux la continuité des vestiges des remparts des 12ème et 16ème siècles. Appelée ainsi parce qu'elle donnait sur les aires, endroit où on battait le blé (hors du village ).

Nous vous parlerons de l'histoire de ce village typique en fin de reportage.

Stationnés hors des anciens remparts, nous abordons directement la campagne alentour avec ses belles oliveraies. Bruno nous décrit le travail d'épierrage effectué sur ces terres ingrates pour permettre les plantations. Il en demeure d'énormes murets de pierres récoltées à cette occasion.

Bien sûr, nous montons, il faudra atteindre la cote 1066, il y a de quoi faire. Le chemin est large, modérément empierré et longe parfois des falaises calcaires. Ici effectivement, nous sommes dans la pierre blanche, oubliés les schistes d'Amen ou la rhyolite de l'Esterel. Exceptionnellement, le balisage est parfait,  ce qui est rare dans le Var.

La forêt est immense, bien entretenue, avec très peu de feuillus donc pas encore de taches brunes ou rousses dans le paysage. Tout autour de nous, c'est le  vert intense des résineux. Il fait très beau grâce au mistral qui forcit de minutes en minutes avec un net refroidissement dans les zones ombragées. Un arrêt "effeuillage" et restauration nous avait permis d'adapter notre habillement à la montée, mais maintenant le streap-tease va devenir permanent : j'ajoute, je retire, j'ajoute et ainsi de suite.

  Derrière nous s'étend la grande plaine de l'Argens barrée par la Ste.Baume. Impressionnante.

Nous atteignons l'extrémité ouest de notre parcours et bifurquons sud-est, direction que nous allons garder jusque dans l'après-midi en cheminant sur la ligne de crête (une arête sommitale, Jean est content !). Petit aperçu sur le lac de Sainte-Croix, tout bleu.  Pour rejoindre la chapelle N.D. de Liesse, nous quittons la sentier principal par un sentier (mérite-il ce nom ?)très raide. Dans la perspective douloureuse de sa redescente, Nicole préfère attendre le retour du groupe à mi-pente.

La petite chapelle est banale, en bon état avec un petit autel surchargé de statuettes, photos et souvenirs de pèlerins (?). On ne peut en faire le tour car un de ses côtés donne directement sur le vide.

La légende raconte que Dame BLACAS montait souvent sur cette montagne pour voir si son fils revenait des croisades et c'est en ce point précis qu'a été édifiée cette chapelle.

Côté végétation, les particularités du lieu sont un superbe cèdre du Liban et surtout deux mélèzes perdus dans ce coin et à cette altitude.

 

 

 

 

 

 

 

 

Petit problème, nous ne repartons pas par le même chemin et André se dévoue pour aller "récupérer" Nicole. Un peu d'incertitude pour les retrouver mais, grâce à Annie, à la voix... nous les repérons et très vite le groupe se reconstitue pour la rencontre d'un petit troupeau de magnifiques chèvres bien encornées et familières. Nous les quittons car il va être l'heure du pique-nique et leur présence serait indésirable.

 

Enfin un bel arbre aux couleurs de l'automne.

 

 

Passant l'antenne et la station météo, nous rencontrons un autre groupe installé près de la chapelle St Priest, en fort mauvais état. Un peu plus bas, à la cote 1060, nous nous installons dans une clairière ensoleillée .

Le pastis et le whisky de Camille circulent ainsi qu'une bouteille de rosé. Annie fait déguster un chorizo maison venant de Thérèse que nous remercions vivement d'avoir pensé à nous et à laquelle nous disons unanimement :" Reviens marcher avec nous, tu nous manques".

Nous sommes entourés de guêpes et l'une d'elle va venir piquer  l'intérieur de la lèvre supérieure de Camille. Pas grand chose à faire, il parvient à arracher le dard et son "don" lui permettra de ne pas trop souffrir.  Drôle de façon de se repulper les lèvres !

Il est temps de repartir quand survient une hésitation lors d'un croisement. Le superbe balisage nous indique que nous devons tourner à droite alors que les GPS nous invitent à continuer tout droit. Ils avaient raison... notre parcours n'empruntait pas exactement le balisage qui à cet endroit utilisait un raccourci.

Nous nous dirigeons maintenant plein ouest, dans une descente facile où la cadence va s'accélérer atteignant les 5,5 à 6 km/h. C'est tellement facile que les langues vont bon train et, comme d'habitude dans ces circonstances, deux fois de suite, nous raterons le bon chemin. Pas de conséquences, seulement quelques centaines de mètres de plus, sans retour en arrière.

Cependant, regardant la carte et le GPS tout en marchant, Bruno va déraper sur les cailloux et chuter sur le côté. Comme toujours, à chaud, pas de problème mais le lendemain, ouille !, ouille !, la hanche.

            A l'occasion d'une halte : la photo traditionnelle du groupe.

Dernière grande descente pour retrouver AUPS à 16 h15. Le soleil, déjà bas, colore superbement le haut du village et plus particulièrement le balcon ouvragé, remarquable par son inscription « Ad caelum aspirare » (au ciel j'aspire !) et par sa pierre de tuf qui sous l'érosion due aux assauts répétés du mistral lui donne un aspect toujours changeant.

 .

 C'est aux alentours de l'An Mil que l'on retrouve associé au village d'Aups, le nom des Blacas, grande famille historique de la région, co-seigneurs d'Aups avec le Roi de France. Suite à un procès débuté en 1346 et qui dura presque quatre siècles l'opposant aux Ducs de Blacas, le village obtient en 1712 de ne dépendre juridiquement que du Roi de France.

 La période des guerres de religions reste l'une des plus noires du village avec le massacre en 1574 de 250 personnes par les Huguenots.

 Après le coup d' état de Louis Napoléon Bonaparte en 1851, Aups devient  le centre de l'insurrection varoise anti-bonapartiste. Sévèrement réprimé, ce soulèvement populaire sera commémoré par l'élévation de la chapelle Notre-Dame de la Délivrance érigée en ex-voto ainsi qu'un obélisque sur la place du village.

 Aups fut un foyer des plus virulents de la résistance à l'occupation allemande ce qui valut au village la décoration de la Croix de Guerre avec palmes à titre collectif.

 C'est au coeur du village que nous allons prendre notre pot de l'amitié, accompagné de l'excellent cake de Marinette. 

 

Merci Bruno, nous venons de passer une journée agréable  avec une rando plus facile que cela pouvait paraître.

La semaine prochaine, Jean BOREL nous emmenera à la Tour sur Tinée pour 13 km et 950 m de dénivelée- Voir le profil dans l'album joint (à gauche de l'article).

Merci aux photographes Jean BELLACHES et Jean-Marie CHABANNE.

Une dernière photo  illustre bien notre journée, la chapelle de N.D.de Liesse vue du sommet voisin.

UnmmmmmMerL'hiMerci aux photographes, Jean BELLACHES et JM CHABANNEstoire d'Aups qui dérive du mot « Alps ») remonte au VIe s. avant notre ère. Une Avec l'invasion et l'installation des romains, la tribu se développe et se transforme en oppidum. Pour l'anecdote, on prête à Jules César, de passage dans la région, cet adage:" je préfère être le premier à Aups que le second à Rome".
Tout autour du village, on a retrouvé des traces de cette présence romaine, comme un ancien hôpital et des bornes miliaires.

Ayant été sous la domination successive des Burgondes, Ostrogoths et Carolingiens, et ayant subit les incursions sarrasines, on ne sait pas ce qui a poussé le village à quitter le plateau St Marc pour occuper son emplacement actuel.

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Published by Jean-Marie Jean-Marie - dans randosboulouris
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