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20 octobre 2007 6 20 /10 /octobre /2007 08:09

LE SENTIER DES PECHEURS

 

L'aventure du Grand Canyon débute il y a 200 millions d'années, durant l'ère secondaire. Aux époques du trias et du jurassique, la Provence se trouve immergée dans une mer chaude et peu profonde. Cette situation sera propice à la formation de strates calcaires. Vers la fin de l'ère secondaire, au crétacé, la région est soulevée par la naissance des Pyrénées. L'ère tertiaire voit l'apparition des Alpes qui fracturent et façonnent les couches supérieures du massif. A cette époque, le Verdon est un fleuve surpuissant qui creuse son passage à travers les failles et trace son lit. Les quatre glaciations de l'ère quaternaire affinent le travail pour donner le résultat que l'on peut admirer aujourd'hui.

            C'est dans ce parc naturel du Verdon que Bruno a choisi de nous emmener aujourd'hui. Il s'étend sur 180.000 ha et a été créé en 1992. Les paysages sont très variés. D'abord torrent impétueux, prenant sa source en haute vallée d'Allos. Le Verdon devient à partir de Saint André les Alpes, une rivière assagie par les retenues successives d'EDF. Après un parcours de 200 kms, il mélange ses eaux vertes à celle de la Durance.

                De nombreux sentiers sillonnent les gorges de ce lieu magique. Ils ont tous leurs charmes, le sentier des Pêcheurs que nous allons emprunter n'échappe pas à la règle. Il se situe dans la partie terminale du Grand Canyon, appelée « la rue d'eau » à proximité du lac de Sainte Croix.

Dès le départ du col de l'Olivier, la descente s'annonce rapide à l'ombre de splendides chênes blancs. La sente est bien tracée et très vite la magie du Grand Canyon est envahissante avec toute la panoplie des grands spectacles de la nature : falaises, ruisselets, flore, faune et passages panoramiques. Après le franchissement d'un vallon nous remontons un peu pour arriver à une bifurcation.

 Là, Bruno, nous ajoute une portion supplémentaire pour compenser le peu de kilométrage du parcours. Ce qui va transformer le Moyen/Moderato en Moyen/Medio. Ce nouveau sentier caillouteux en descente pentue nous amène au pied d'une falaise qui surplombe de quelques mètres l'eau verte du Verdon. Première difficulté pour certains, le rocher, poli, est glissant et très étroit par endroits (30 cms). Malgré sa peur A... franchit l'obstacle. Nous continuons jusqu'aux ruines de l'ancienne passerelle de Maireste. Là, nous sautons de rochers en rochers pour atteindre une petite plage ensoleillée pour la pose casse-croûte et la dégustation de petites figues cueillies sur des figuiers sauvages le long de la berge.

 

 

 

Nous faisons demi-tour par le même sentier. Nouvelle appréhension d'A... , la remontée jusqu'à la bifurcation est éprouvante pour certains. La chaleur est présente.

 

 

 Nous partons à gauche et descendons pour arriver sur les berges de la rivière. Là, Bruno réduit l'allure de la marche afin de s'imprégner de la majesté du Cadre. Nous cheminons sur le sentier à quelques mètres au-dessus de l'eau sur environ 2 kms. Petit arrêt sur la berge, pour une photo de groupe. Les passages à découvert alternent avec les sous-bois de chênes verts, de genévriers de Phénicie, de fragons, qui méritent son surnom de myrte épineux et ses fruits rouges sont toxiques.

 

 

 Rencontre avec une couleuvre d'Esculape qui est grande, voire impressionnante avec près de 1.50 mètre de long, mais parfaitement inoffensive(Photo de Gypaète.net ... ça ne s'invente pas). Elle fait partie des plus grands serpents d'Europe. Sur fond brun jaunâtre, les nombreuses écailles du dos et des flancs sont bordées de blanc. Son ventre est clair. Les jeunes ont une marque en U sur la nuque. Ce serpent aime les rives des cours d?eau et les versants ensoleillés. Il s'active de jour jusqu'au crépuscule et grimpe même aux arbres ! (Cette couleuvre sert de symbole à la médecine).

A hauteur de rochers, un mauvais passage sur quelques mètres. Puis le sentier s'élève lentement, toujours en sous-bois et buis très odorants, il finit par rejoindre une bifurcation. Nous prenons à gauche en direction du Verdon et voyons en contre bas plusieurs esquifs qui remontent et descendent le courant. Quelques mètres supplémentaires et nous atteignons les cascades inférieures. La première cascade de tuf, véritable havre de fraîcheur, est blottie avec discrétion dans les arbres. Nous continuons la descente pour découvrir une autre cascade qui jette ses eaux dans le Verdon. Avec le contraste de l'ocre du tuf et le vert des eaux du Verdon, cet endroit, avec son petit belvédère, mérite vraiment le détour. Nous appelons C... notre photographe de la journée, afin qu'elle fixe ce beau paysage.

 Nous revenons en arrière et tendons l'oreille, car une troisième  cascade se fait entendre sur la gauche. Son accès n'étant pas balisé, il faut chercher un peu le passage à travers les buis. Cette cascade est la plus belle grâce à ses couleurs, sa taille et son exposition. Nous rejoignons le sentier balisé et commençons l?ascension vers les Prés de Saint Maurin, avec de superbes passages en balcon. Les paysages de garrigue des Prés de Saint Maurin dominent la « Rue d'Eau ». Cette terrasse est envahie par le brégalou (aphyllante de Montpellier) qui arbore ses magnifiques fleurs bleu clair en début d'été. Nous longeons les prés par la droite, puis suivons le premier sentier qui remonte, raide, par la droite au niveau du chêne (panneau indicateur), ne pas rater cette sente sous peine de se retrouver sur la route. Le balisage jaune n'est pas évident à voir. Plus haut, après avoir côtoyé la route, un petit belvédère, à droite vue sur la «rue d'eau » et à gauche vue sur la grande cascade vauclusienne au dessus de la maison cantonnière. 

 Cette zone, de Saint-Maurin, est réglementée car la roche sédimentaire qui compose le tuf est sensible aux piétinements excessifs. On découvre des draperies calcaires, dites de Traversin et de nombreux murets anciens en tuf. Ce tuf est une roche poreuse calcaire, formée par une combinaison complexe d?eau calcarifère, d'air et de mousse. Les eaux chargées de calcaire, en arrivant au jour, perdent une partie de leur acide carbonique et forment un dépôt. Certains végétaux, par leur avidité pour l'acide carbonique, favorisent la précipitation du calcaire dissous.

Le sentier redescend sec, pour pénétrer dans un sous-bois de pins sylvestres. Quelques glissades sur les gravillons, dont une plus sévère pour J... , car son coccyx à pris rudement contact avec le sol. Une petite remontée et nous arrivons sous la route. Un petit groupe emmené par Jack... gagne, par une montée raide de 10 mètres, la route puis le parking. Les autres suivent Bruno dans une petite descente pour finir par remonter graduellement jusqu'à rejoindre le parking.

 Au bout de quatre heures de marche, nos dix sept estomacs commencent à réclamer, nous montons vivement dans les voitures pour gagner la rive du lac de Sainte Croix et le lieu du pique-nique.

 L'après-midi, nous nous transformons en marins d'eau douce et nous nous répartissons dans quatre pédalos pour pénétrer dans les gorges du Verdon, impressionnant !!! Celui de B... est le plus chargé, quatre hommes et une figure de proue J... exemptée de pédalage à cause de son coccyx. Nous remontons le courant par la « rue d'eau », jusqu'au pied du petit belvédère ensoleillé du matin et d'une cascade. Petit repos bien mérité et après un changement de poste nous faisons demi-tour. Nous voici redevenus des enfants. Des cris fusent : à l'abordage... ,accélérations et esquives se succèdent.

                Nous nous retrouvons tous, attablés, à Villecroze pour le pot traditionnel.

 

Merci Bruno, tout d'abord pour avoir mené cette belle balade mais aussi pour avoir rédigé, avec talent, ce texte, suite à l'absence des rédacteurs.

 

Merci à Claudie BALOY , photographe réquisitionnée, pour ses belles photos.

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Published by Jean-Marie Bruno GUERIN - dans randosboulouris
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